L’abbatiale du Vignogoul (Hérault) : les vertus de la constance

Elizabeth d’Alignan est la grande figure inconnue du Languedoc. Fille des seigneurs d’Alignan-du-vent, une circulade aux environs de Pézenas, elle fut la première abbesse de l’abbaye cistercienne du Vignogoul.

L’abbaye possédait des biens que la fragile apparence d’Elizabeth et la faiblesse de sa frêle communauté rendaient encore plus désirables.

Parce que féminine, cette communauté pauvre  isolée et vulnérable devait lutter sans cesse contre tous les enfants d’iniquité et les convoitises de toute sorte qui s’abattaient régulièrement sur elle.

Pourtant l’apparence dissimulait une force inébranlable car ces femmes se sentaient responsables du destin de l'humanité en s’assignant, chacune au quotidien, une tâche juste assez difficile pour requérir toutes leurs capacités.   

En des temps difficiles, Elizabeth, à force de persévérance, témoigna de son indéfectible espérance en l’avenir en relevant l’abbaye de Notre-Dame-de-bon-lieu du Vignogoul. Par la grâce de sa foi, de ces pauvres bâtiments, elle réussit à insuffler toute la force et la douceur de son architecture.

L’abbatiale est un édifice particulièrement attachant. Lumineuse  et ramassée, concentrée et orientée, ses dimensions à taille humaine reproduisent en miniature la démesure des grandes cathédrales. Solide, elle résiste au temps, légère, elle repousse l’espace. Gothique dans son couronnement, romane dans son assise, la volonté humaine s’allume dans l’obscure espérance en l’univers.

En définitive les modestes vertus de cette communauté de moniales furent reconnues et l’abbaye obtint la faveur suprême du pape, la grande bulle de protection. Une longue période de prospérité s’en suivit.

L’abbatiale ne se livrera pas sans effort de ta part, son secret est dans son étrange orientation, tu le découvriras en passant la voir le soir de Noël et tu en trouveras la raison en lisant le " De natura rerum" d’Isidore de Séville.

 Résonne et tu  comprendras le message d’espoir qu’elle nous délivre.

 

 

Sept : Les mystères de L’Heptaméron 

L'Heptaméron, bibliothèque de Dijon ms 0008

La Bible multiplie les références au nombre sept. L’Heptaméron, les sept jours de la création, est le premier signe du septénaire sacré qui couvre tout un ensemble de significations qu’il nous faut retrouver. Toutes les églises expriment d’une manière ou d’une autre le septénaire sacré.

Dans notre belle région méditerranéenne tu le trouveras :

Dans les sept arcatures du chœur de l’abbatiale de Gellone, de l’église de Saint-Martin-de-Londres.

Dans les sept piliers qui soutiennent l’église Sainte-Marie de Rieux-en-Minervois, l’église du couvent des Jacobins à Toulouse et les sept piliers en pierre noire du portail  d’entrée de l’église primatiale Saint-Trophime d’Arles.

Dans les sept fenêtres du chevet des églises abbatiales cisterciennes de Sénanque, du Thoronet, de Sylvanès, de Silvacane, d’Aiguebelle.

Dans les sept travées de l’église abbatiale de Sainte-Marie de Valmagne, de l’église abbatiale Sainte-Eulalie d'Elne.

Dans les sept travées en longueur et en largeur du carré du cloître de l'abbaye  Sainte-Marie de Valmagne, du cloître de la cathédrale Saint-Just-Saint-Pasteur de Narbonne, du cloître de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers. 

Dans les sept absidioles originelles du chevet et des sept autels commémorant les sept dons du saint Esprit de l’église abbatiale de Saint-Michel-de-Cuxa.

Et bien sûr dans l’abbatiale du Vignogoul, qui te crève les yeux mais que tu n’as pas vu.

Le septénaire sacré a des élévations que la raison ignore et des profondeurs que le cœur mésestime. Un jour, peut-être comprendras-tu pourquoi nous avons tant voulu en octobre 2004 que notre belle région du Languedoc-Roussillon s’appelle à nouveau Septimanie, et peut-être si tu avances dans la nuit comprendras-tu pourquoi son rejet par la population était inscrit.